Mapuche-hommes de la terre
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Informations en bref.:

INFORMATIONS EN BREF: OCTOBRE 2007

4 octobre 2007
Dans un témoignage Roberto Painemil dénonce pressions et tortures

Source Grupo Filulche

Dans un long interview le prisonnier mapuches Roberto Painemil incarcéré à la prison de Lautaro pour l’incendie du « fundo Las Praderas » a révélé des actes de pressions et tortures, il a notamment déclaré:

“ Est arrivé un groupe de personnes , ils étaient environ 8 ou 10 dans un camion qui venait face à moi, je suis alors sortit de ma camionnette pour demander de l’aide, mais ils m’ont entouré et menacé et m’ont demandé ce que je faisais là, j’ai essayé de leur expliquer ce qui se passait mais il ne m’ont pas écouté, ils se sont contenté de crier “ tu es en train de voler, tu es un voleur” ils ont ensuite inspecté ma camionnette et ont dit qu’il y avait des armes. Je n’ai jamais eu d’armes, ils étaient tous armés de fusils et de bâtons. Ensuite ils ont appelé les carabiniers. Une demie heure plus tard, à peu prés, les carabiniers sont arrivés et m’ont dit de me mettre à genoux, ils m’ont laissé comme ça un long moment puis m’ont fait monté dans le fourgon et là ils m’ont passé les menottes comme un voleur;

Ils m’ont emmené au commissariat et quand j’étais en cellule ils sont venus me crier – “c’est lui qui a mis le feu, indien incendiaire, ha !!  Tu mets le feu tu va voir ce qui va t’arriver ». Le lendemain matin très tôt ils m’ont interrogé et m’ont sortit de la cellule, il y avait des civiles, je pense que c’était des services de sécurité.

Ils m’ont enlevé mes chaussures pour m’interroger, m’ont sortit dans la cour sans chaussures et m’ont poussé dans un coin en me disant que j’avais mis le feu, je disais non, et quand je voulais dire quelque chose ils me répondaient que j’étais un menteur et qu’ils allaient me remettre en cellule. Ensuite ils m’ont sortit et remis en cellule sans arrêt, puis ils m’ont emmené dans un autre coin de la cour et là ils m’ont tordu les bras en me disant de coopérer avec la justice, ils ont pris des photos et m’ont filmé. Ensuite ils m’ont enfermé dans les toilettes qui sont à côté des cellules et m’ont donné des gifles sur le visage, ils étaient 6 ou 10 personnes qui me battaient, ils venaient l’un après l’autre, ils m’ont enfermé trois fois dans les toilettes, ce sont des toilettes très petites. Une fois ils sont venus avec une machine, je ne savais pas trop ce que c’était mais il y avait des câbles électriques, ils me l’ont montré en me disant « Tu sais ce que c’est ? » J’avais très peur et je tremblais, ils me disaient tu dois parler, et que si non ils allaient me mettre en prison, que ma famille allait passer un mauvais moment. Ils sont en danger, m’a dit l’un d’entre eux. Je vis avec mon père et ma mère, se sont des gens âgés, ma mère est malade, ils m’ont dit qu’ils allaient prendre ma mère à la sortie de sa maison et qu’ils allaient l’attacher, qu’ils allaient lui passer les menottes tout comme à mon père.

Ensuite ils m’ont de nouveau emmené dans la cour et un type grand m’a écrasé l’estomac avec son genoux, un autre frisé et avec des cheveux longs qui ressemblait à un journaliste parce qu’il avait une caméra, m’a proposé de passer un accord et qu’il ne se passerait rien si je pouvais nommer deux ou trois personnes, tu va t’en aller tout de suite à ta maison. Un autre est, alors, arrivé en me disant qu’il allait se charger de me faire sortir, je ne savais plus quoi faire, je pleurais.

J’ai donné le nom de mon cousin Ernesto Chachallao, je ne savais pas qui nommer et j’ai donné son nom, ils m’ont alors dit d’entrer dans une salle et que je devais dire ça et nommer d’autres gens. J’étais dans la cour et il y en avait un qui notait ce que je devais dire et c’était seulement des mensonges, mais je voulais sortir de là donc j’ai dit oui, de là ils m’ont dit qu’ils avaient trouvé des armes, et que je devais dire que Sergio me les avait passé et que si je refusais ils allaient me punir de nouveau. Il y avait deux personnes qui notaient ce qu’ils voulaient que je dise et ensuite ils m’ont dit de signer et j’ai signé, ils m’ont ensuite remis en cellule, puis ils m’ont ressortit et se sont mis à me parler bien, ils m’ont dit que je devais répéter la même chose  au juge, dire que j’étais d’accord, et que je devais dire ça pour pouvoir sortir;

Ils m’ont passé une paire de chaussures qui n’étaient pas les miennes et m’ont fait passer devant le juge, là, ils montré des photos et m’ont fait reconnaître, de force, des personnes que je n’avais jamais vu, que je ne connaissais pas, comme par exemple HECTOR LLAITUL qui est aujourd’hui détenu à Angol, que je ne connais pas, mais ils m’ont obligé à dire que je le connaissais. Ils m’ont obligé à signer de nombreux registres, si je voulais dire quelque chose ils m’interrompaient et me disaient que nous avions passé un accord et que j’étais obligé de le respecter. Ils m’ont humilié  et ensuite m’ont de nouveau enfermé, m’ont fait signer d’autres registres et un carabinier m’a dit « tu dois signer et rien de plus, tu n’as aucun droit ».

Vers une heure de l’après midi ils m’ont informé que ma famille était arrivée au tribunal, j’étais complètement perdu».

ROBERTO PAINEMIL PARRA
(Lof Yeupeko-Vilkún)
Prisonnier politique Mapuche détenu dans la prison de Lautaro, 4 octobre 2007


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11 Octobre 2007
Le conseil de toutes les terres appel à la constitution d’un gouvernement mapuche dans le cadre de l’auto détermination
Source Indymedia 

Le dirigeant mapuche Aucan Huilcaman dans son discours a déclaré « depuis le 13 septembre les choses ont changé, nous avons maintenant un outil de droits de l’homme de relevance internationale et qui établi la libre détermination des peuples originaires ». « Nous appelons les communautés mapuches à se mobiliser pour former un auto gouvernement mapuche ». Cette déclaration s’est réalisée face à la préfecture de Temuco et en présence de nombreuses communautés de la zone.

Aucan, dans sa déclaration qui a duré plus d’une heure, a notamment déclaré « l’adoption de la déclaration nous lance de grands défis et une responsabilité politique, mais en même temps c’est une opportunité pour décider de notre destin collectif,…. qui devrait nous permettre de faire entendre au monde entier quel type de gouvernement que nous allons construire »

Des mapuches ont été arrêtés alors qu’ils brûlaient un drapeau chilien et un pantin représentant Bachelet
Source:
http://www.cooperativa.cl/p4_noticias/site/artic/20071018/pags/20071018172611.html

Au moins cinq étudiants mapuches de la région d’Araucanie ont été détenus alors qu’ils brûlaient un drapeau chilien et une effigie de Michèle Bachelet dans le cadre d’une manifestation qui s’est réalisée face à la préfecture régionale pour exiger la liberté des prisonniers politiques mapuches en grève de la faim. Les manifestants ont été dispersés par des grenades lacrymogènes et des camions à eau. Les étudiants arrêtés seront mis à disposition du tribunal dans les heures à venir.


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12 octobre 2007
Marche à Temuco
Source el Gong.

Le 12 octobre une marche s’est réalisée à Temuco pour appuyer les prisonniers politiques mapuches en grève de la faim, protester contre la torture de Roberto Painemil et s’opposer à la mine qui doit s’installer sur les rives du lac Lleu Lleu. La marche a été convoquée par le réseau d’appui aux communautés en conflit, les foyers d’étudiants Puram Peyum zugu et Lawen Mapu, le collectif Epulef et la CAM.

Des informations ont été données sur l’objectif de la grève de la faim qui est obtenir la liberté immédiate pour tous les prisonniers politiques mapuches, la démilitarisation des zones en conflit et la fin de la répression des communautés mapuches. La marche s’est terminée par des incidents.

Extraits du Communiqué de la CAM
Le 12 octobre la CAM a émis un communiqué dans lequel elle déclare notamment :
Source medias mapuches

« La CAM est l’expression culturelle des communautés mapuches en conflit et de sa lutte millénaire de résistance, elle a accumulé des forces pour arriver à une reconstruction nationale et la conformation d’un mouvement de libération nationale Mapuche….

…Depuis 1997 elle s’est développée et s’est dirigée vers un mouvement de lutte de libération en raison de l’occupation de notre territoire depuis 1880 par les états chiliens et argentins….

La contrepartie de cet engagement a été une réponse de répression constante qui a conduit dans les prisons chiliennes des centaines de frères, sans compter la quantité incalculable de blessés, torturés, personnes poursuivies et frères assassinés par la police et les groupes para militaires antimapuches…. C’est dans ce contexte qu’aujourd’hui un nombre important de mapuches sont prisonniers dans les prisons chiliennes, la plupart inculpés ou condamnés dans le cadre de mobilisations et actions développées par la CAM et tous otages d’un conflit politique que l’état chilien prétend régler par la répression et la militarisation des zones en conflit.... La CAM a toujours dénoncé les irrégularités et vices de forme des procès dirigés contre les mapuches, procès qui nous obligent aujourd’hui a assumer une mesure extrême comme l’est une grève de la faim et de la soif, grève qui est notre ultime recours pour dénoncer les procès injustes et exiger la libération immédiate de nos frères. » Et de conclure:

« La CAM réitère l’importance de la vie comme valeur fondamentale de sa position et pratique politique, elle appuie cette décision parce qu’elle correspond à une demande juste et exige la libération immédiate et sans condition de tous les  prisonniers politiques mapuches, nous exigeons la démilitarisation des zones en conflits et de tout le territoire mapuche, le retrait des forces policières du lac Lleu Lleu et la fin des hostilités policières et paramilitaires contre les communautés Yeupeco de Vilcun et Temucuicui de Ercilla. Enfin nous appelons tous ceux qui partagent cette lutte à une solidarité active et combative avec nos frères pour défendre le territoire mapuche et appuyer sa lutte de libération ».


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12 Octobre 2007
Détention de 39 Mapuches lors d’une occupation de terres en Araucanie
source : http://www.cooperativa.cl

Des 39 détenus, 31 ont été remis en liberté, mais sont toujours assignés à résidence ou condamnés à des peines avec sursis, peines pour lesquelles ils devront signer chaque quinzaine durant le temps de l’enquête. Les carabiniers ont délogé et détenus 39 Mapuches et un citoyen espagnol 5 (voir témoignage ci-dessous) qui occupent depuis vendredi dernier une hacienda de Hualpin. 31 personnes sont inculpées du délit d’usurpation de terres et dommages, le citoyen espagnol quant à lui est toujours incarcéré, parmi les détenus figurent Andrés Reuca et Julio Chehuín, ainsi que le conseiller municipal de Puerto Saavedra, Joël Mariqueo.

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13 Octobre 2007
Les mapuches se réunissent avec l’UNICEF à Santiago
Source: http://meli.mapuches.org/article.php3?id_article=524

Les portes parole Jorge Huenchullán et Walter Tori et une délégation mapuche de l’organisation Meli Wixan Mapu se sont réunis avec les représentants de l’UNICEF au chili pour remettre un rapport sur les maltraitances physiques et psychologiques infligées aux enfants mapuches de la communauté de Temucuicui.

Parmi les multiples plaintes  présentées : les permanents contrôles d’identité, les interrogatoires dans les bus scolaires et les écoles, les tirs et perquisitions qui terrorisent les personnes âgées, les femmes et les enfants mapuches.


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13 octobre 2007
Une résidence secondaire incendiée à Tirua

Source El Gong

Une résidence secondaire a été incendiée sur la commune de Tirua, deux personnes après avoir menotté le gardien ont incendié une maison, volé 400 000 pesos et un fusil ainsi que des munitions. Aucune revendication n’a été trouvée sur les lieux. Le juge qui mène l’enquête a retenu la thèse d’un vol avec violence et n’est pas certain que ces faits soient en relation avec le conflit mapuche, selon les résultats de l’enquête le cas sera dérivé, ou non, au juge chargé des affaires mapuches.


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14 Octobre 2007
La CAM lance à Paris une initiative pour que soit traitée la situation des indigènes d’Amérique.

Source http://www.univision.com/contentroot/wirefeeds/world/7296500.html

Les ambassadeurs résidents en France et qui sont en relation avec l’Amérique latine prévoient de réaliser une rencontre pour aborder les répercussions des changements de ce continent pour les peuples originaires, selon les informations transmises par la représentante Quechua Bolivienne Luzmila Carpio qui s’est déclarée profondément affectée par le témoignage de la représentante Guajiros du Venezuela et de Colombie,  Ahiry González. Les Guajiros qui vivent entre Colombie et Venezuela sont victimes depuis des années des mines de charbon de cette région. Le représentant ce peuple originaire a été particulièrement critique avec Hugo Chavez et a déclaré que rien n’a changé concernant la situation critique de son peuple depuis l’arrivée au pouvoir de celui-ci. Durant la réunion a été évoquée la situation des mapuches du chili et les usurpations  de terres réalisées par les gouvernements chiliens depuis 1810, réactivées sous la dictature de Pinochet et qui continuent avec les gouvernements qui ont succédé à celle-ci. Une attention particulière a été accordée à l’évocation de la situation de deux femmes mapuches Luisa y Juana Calfunao, qui ont commencé il y a deux mois une grève de la faim pour protester contre l’incarcération de plusieurs membres de leur famille, grève de la faim à laquelle s’ajoute une autre grève de la faim et la soif déclanchée par cinq autres prisonniers politiques Mapuches.


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17 octobre Europe.
Détention de la documentaliste et cinéaste Jeannette Paillan

Source organisations solidaires du peuple mapuche.

Les organisations mapuches et solidaires qui ont appelé le 15 octobre dernier à la journée de solidarité internationale avec le peuple mapuche qui doit se réaliser le 26 octobre prochain ont exprimer leur indignation suite à la détention de Jeannette Paillan.

Dans le cadre de la visite de Michèle Bachelet en Italie les services de sécurité italiens en collaboration avec l’ambassade du chili auraient donné des consignes relatives à la surveillance des activistes sympathisants de la cause mapuche.

C’est dans ce contexte que le 16 octobre deux mapuches résidents en Europe ont été arrêtés alors qu’ils manifestaient leur appui aux prisonniers politiques mapuches, cette arrestation s’est réalisée sans explication, ni dialogue. Après avoir été conduit dans un commissariat à l’intérieur d’un véhicule banalisé et interrogées ils ont été remis en liberté.

Dans un communiqué « les représentants politiques de la nation mapuche en Europe » ont déclaré “nous considérons cet évènement comme une provocation politique et une agression caractérisée à la libre expression culturelle et démocratique, raison pour laquelle nous demanderons des explications aux autorités italiennes et chiliennes”


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17 Octobre 2007
Un citoyen espagnol détenu dans le cadre des mobilisations du 12 octobre.
Source medias mapuches

Álvaro Briales Canseco, citoyen espagnol qui a été détenu le 13 octobre 2007 à Hualpin, a publié un communiqué pour rectifier les informations erronées le concernant et qui ont été publiées dans la presse chilienne.

Il a notamment déclaré : « je suis au chili dans le cadre de ma formation universitaire avec l’université autonome de Madrid, je me spécialise sur les thèmes de l’éducation et du social raisons pour lesquelles je suis présent et collabore avec l’école de Concon (5ème région), j’ai été invité par le professeur mapuche Jorge Calfuqueo que j’ai connu à Madrid et avec lequel je travaille à l’élaboration d’une formation de professeur. Je n’ai été arrêté sur un terrain occupé, je n’y suis jamais allé, mais dans une voiture à 10 kilomètres du même terrain, ce qui annule l’inculpation pour délit d’occupation. Quand j’ai été arrêté je n’avais sur moi qu’une photocopie de mon passeport selon les recommandations de l’ambassade qui préconise cette mesure pour éviter les difficultés en cas de perte ou de vol, c’est la raison pour laquelle ma détention s’est prolongée. Je n’appartiens à aucune organisation politique et n’ai aucun contact avec les mouvements basques et me considère pacifiste. Enfin je ne ferai pas appel au décret d’expulsion pris contre moi, parce que cela signifierait les frais de séjour dans le pays et un retard très important pour mes études » Et Alvaro a conclut sa déclaration en disant « je veux informer l’opinion publique des accusations injustes et infondées dont j’ai été victime et l’illégalité de mon décret d’expulsion ».

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