Mapuche-hommes de la terre
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Informations en bref.:

8 Décembre 2007
Rapport médical sur l’état de santé de José Huenchunao

L’équipe soussignée certifie avoir ausculté monsieur José Benicio Huenchunao Mariñan, prisonnier politique mapuche de 37 ans qui est en grève de la faim depuis le 10 octobre 2007 et présente les conditions cliniques suivantes :
Poids initial 69,8 kg, poids actuel 56,4 kg. Perte de poids : 13,4 kg. Indice de masse corporelle. 19,7
Associé à ces informations il présente les symptômes suivants. Nausées, asthénie sévère, myalgies généralisées, gastrite chronique, lumbago, altération du sommeil, inquiétude psychomotrice, hypotension orthostatique.
A l’examen physique il présente

Signes vitaux fréquence cardiaque 56 pulsations minute
Pression artérielle 10,6 / 6,2 mmhg.
Textura corporelle très amaigri avec une diminution marquée de la masse musculaire

Peau sèche, muqueuses hypo colorées, pharyngés congestionnés, respiration diminution du murmure vésiculaire, rythme cardiaque irrégulier, arrêts cardiaques, système nerveux central désorientation temporelle et spatiale, langage ralenti, attention en diminution.

Diagnostique. Grève de la faim de 58 jours en évolution, dénutrition de protéines énergétiques, syndrome de confusion léger.

La gravité de l’évolution indique que le patient se trouve actuellement en risque vital, raison pour laquelle est impérieuse son hospitalisation pour stabiliser sa condition clinique qualifiée de critique.
Germán Bass del Campo, Tania Muñoz Espina médecin de famille et médecin généraliste RUT: 12.611.347-1 RUT: 12.783.369-9 RMC: 24.443-0

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9 décembre 2007
Prisonniers politiques Mapuche en grève de la faim, la situation est de plus en plus grave
Source: www.ipsnoticias.net/nota.asp?idnews=86833

L’état de santé des prisonniers politiques ne cesse de s’aggraver alors que la grève de la faim dure depuis 57 jours. José Huenchunao, Jaime Marileo, Héctor Llaitul, José Millalén et Patricia Troncoso, qui boivent uniquement de l’eau et du mate (infusion traditionnelle de la cordillère) ont perdu entre 16 et 22 kilogrammes et souffrent de nausées, problèmes visuels et infections des reins et du système circulatoire.

Marileo y Troncoso sont incarcérés depuis 2001 pour une condamnation de 10 ans et un jour pour incendie terroriste et doivent avec les autres inculpés payer une amende de 840 000 dollars à l’entreprise qui a été entièrement détruite.

Huenchunao, fondateur de la CAM qui est lui aussi condamné pour attentat incendiaire a vécu en clandestinité jusqu’au mois de mars de cette année.

En décembre 2001, 100 hectares de plantation de pins appartenant à la compagnie forestière Mininco ont été réduits en fumée sur la commune de Ercilla

Pour juger ce cas et d’autres, le gouvernement du président Ricardo Lagos (2000/2006) a fait appel á la très sévère loi antiterroriste imposée par la dictature du général Pinochet, loi qui a été modifiée durant la démocratie.

Les organismes de droits de l’homme nationaux et internationaux ont critiqué sévèrement cette réactivation de la loi, considérant que les peines applicables étaient disproportionnées au regard des revendications territoriales et politiques du peuple mapuche, qui ne peuvent être considérées comme actes de terrorisme.

Les inculpés se sont toujours déclarés innocents des faits qui leur sont imputés.

Hector Llaitul qui est lui aussi membre de la CAM est en prison préventive et est jugé pour différents délits, entre lesquels el incendie et Millalén est condamné à 4 ans et un jour de prison pour infraction à la loi intérieure de sécurité de l’état.

Entre les mois de mars et mai de 2006 Jaime Marileo y Patricia Troncoso ont réalisé avec d’autres mapuches, et pour les mêmes raisons une première grève de la faim de 72 jours, grève de la faim qu’ils ont arrêté après avoir obtenu la promesse de l’approbation d’un projet de loi présenté par des parlementaires et qui ouvrait la possibilité de leur libération. Cette initiative qui a ensuite été rejetée par le parlement a suscite une importante mobilisation nationale et internationale.

“J’ai envoyé trois ou quatre lettres à la présidente Bachelet et pour finir j’ai reçu une réponse me disant qu’elle ne pouvait pas me recevoir parce que son programme était trop chargé » « Le gouvernement ne s’est jamais manifesté. Nous demandons l’instauration d’une table de négociations, mais nous ne savons plus quoi faire pour qu’ils nous prennent en compte. Si ils les avaient incarcérés de façon normale, la situation serait différente, mais les jugements ont été mal faits, avec de faux témoins cagoulés et payés” a déclaré le père de Patricia Troncoso.

Face à l’indifférence des autorités, le 21 novembre dernier, six familles et amis proches des prisonniers ont commencé une grève de la faim. Pour sa part, l’observatoire des droits des peuples originaires de Temuco a interpellé ce mercredi les autorités pour qu’elles acceptent les demandes des prisonniers dans un communiqué il a notamment déclaré : « Nous sommes convaincus que leurs condamnations sont injustes et que leur emprisonnement est la conséquence dramatique d’une politique de criminalisation des manifestations sociales indigènes impulsée par les gouvernements des partis politiques de la démocratie qui est au pouvoir depuis 1990 »,
Durant ces derniers mois de nombreuses manifestations ont eu lieu à Temuco, Santiago et d’autres villes du chili demandant une solution au conflit, manifestations qui ont eu des échos en europe.

Le juge juan Guzman qui a inculpé le général Pinochet, est l’un des rares magistrats qui s’est prononcé en faveur des grévistes. Depuis 2006 un groupe d’avocat recherche des solutions législatives et administratives pour ce procès, l’un d’entre eux est Alberto Espinoza qui a visité les grévistes le 2 décembre.

Selon ce que Alberto Espinoza a confié à IPS, la semaine dernière il a assisté à la commission de droits de l’homme de la chambre des députés pour exposer la réalité des indigènes et pour demander aux parlementaires qu’ils appuient un projet de loi réduisant les peines pour le délit d’incendie. L’initiative est passée au congrès mardi dernier grâce à la signature de neuf parlementaires. Avec le même objectif Espinoza s’est réuni avec le ministre secrétaire général de la présidence José Antonio Viera-Gallo qui s’est engagé seulement à « étudier la situation » bien que selon l’avocat « il est montré de bonnes dispositions ».

L’autre alternative proposée par le groupe d’avocats serait l’obtention de bénéfices pénitentiaires comme la sortie dominicale et le transfert vers un centre d’internement (centre de réhabilitation ndt) Les familles des prisonniers ont prit contact avec un autre avocat de droits de l´homme Humberto Lagos pour qu’il se charge de la conformation d’une table de négociation avec des représentants, entre autres, du gouvernement, et de l’église catholique qui a exprimée sa préoccupation pour ce cas.

Cette instance devrait se centrer sur les très contestés procès contre les membres de communautés mapuches et les actions répressives contre les communautés qui présentent des revendications politiques et territoriales, l’avocat a déclaré qu’il attendait des réponses rapides.

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9 décembre 2007
La mort de Rodrigo Cisternas restera impunie

Source Coordinación de Organizaciones Populares de Arauco.
www.felchile.org

La coordination d’organisations populaires a publié un communiqué dans lequel elle déclare notamment:

« Le juge d’instruction de la cour martiale Renato Nuño Luco a décrété la fermeture de l’enquête pour la mort de Rodrigo Cisternas Fernandez qui le 3 mai dernier a été fusillé par les forces de police dans le cadre des justes revendications des travailleurs forestiers de la forestière Arauco. Pour la cour militaire l’enquête n’a pas permit de prouver le délit de violence injustifiée avec résultats de mort, et selon le tribunal cette sentence implique que le cas sera fermé et l’enquête terminée.

Depuis cet espace de construction sociale, depuis Arauco nous déclarons que ce nouvel affront aux travailleurs ne passera pas inaperçu, nous ne pouvons laisser passer ces faits parce qu’ils démontrent comment ce gouvernement s’est entièrement engagé dans la défense, non pas de ceux qui souffrent, si non, des entreprises sans scrupules et des forces de répression qui agissent sauvagement contre des travailleurs qui luttent pacifiquement».

Le communiqué conclue par ces mots: « Rodrigo ton peuple ne t’oubliera pas, comme il n’oubliera pas tes enfants, et ton exemple d’amour et de dignité pour les tiens, ton peuple ne se taira pas sous les balles assassines et les juges militaires, Rodrigo ton peuple ne t’oubliera pas, comme il n’oubliera pas ceux qui t’ont lâchement assassiné, Rodrigo ton exemple nous a rendu cette dignité avec laquelle naissent les fils de Arauco et qui ont aujourd’hui soif de justice et de liberté »

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10 décembre 2007
Victor Queipul Huaiquil porte parole de la communauté mapuche de Temucuicui lance un appel aux communautés depuis la clandestinité
Source http://meli.mapuches.org/spip.php?article678

Au travers du seul media de communication que nous avons comme dirigeants mapuches recherchés par la justice chilienne, je veux faire entendre notre voix et nos reflexions aux différentes communautés mapuches, organisations sociales nationales et internationales.  

Mon nom est Victor Queipul Huaiquil, porte parole de la communauté de Temucuicui et dirigeant qui développe le long processus de mobilisation et possibles négociations avec l’entreprise forestière Mininco et le gouvernement pour obtenir la restitution du fundo Alaska qui nous appartient.

Actuellement je suis recherché par la justice chilienne, pour les accusations d’attentat contre les autorités, lésions mineures graves, menaces et troubles de l’ordre public, tous ces accusations qui sont assorties d’ordres de détention, j’ai pris la ferme décision de ne pas me présenter devant le tribunaux de justice, parce que nos droits ne sont ni respectés ni garantis durant les procès, le meilleur exemple de cette situation est celui de nos frères qui mènent une grève de la faim depuis plus de 60 jours, en raison de l’utilisation de témoins cagoulés et protégés.  L’état chilien a entame au travers du ministère public et des tribunaux de justice une forte persécution politico judiciaire contre tous les dirigeants, lonkos et porte paroles qui luttent avec leurs communautés pour nos droits territoriaux et politiques, et qui nous accompagnent comme peuple mapuche. Une des pratiques les plus efficaces développée par le ministère public pour obtenir des condamnations, consiste en l’utilisation des dénommés témoins protégés, qui dans leur grande majorité sont des frères mapuches, qui n’ont pas la conscience de la manipulation et tombent dans le piège, un des meilleurs exemples et celui de José Nain Curamil et de la conseillère de la commune de Collipuli, Alejandra Malean, qui sont des témoins clefs dans la cause de l’attentat contre l’autorité, dénoncée par l’ex directeur de la CONADI Jaime Andrade et dont a été amnistie récemment notre frère Jorge Huenchullan, ce cas démontre l’innocence de nos gens, ces cause et accusations maintiennent actuellement en clandestinité sept de nos frères et Jaime Huenchullan est actuellement emprisonné pour les mêmes raisons. Je lance un appel à toutes les communautés mapuches à ne pas se laisser tromper et manipuler par ces personnes, qui disent travailler pour les droits de notre peuple, quand en définitive ils cherchent seulement à confondre, manipuler et tromper nos frères, à la recherche de votes en périodes électorales pour obtenir un poste auprès du pouvoir chilien et au travers de ça profiter de nos droits et revendications comme peuple mapuche.

Depuis le WallMapuche Víctor Queipul Huaiquil

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10 décembre 2007
Communiqué sur l’article 169 de l’OIT

Les organisations qui signent le présent communiqué veulent manifester leur préoccupation pour la dilatation du processus de ratification de l’article 169 de l’OIT de la part de l’état chilien.
Comme nous l’avons déclaré en de nombreuses opportunités et par differents moyens, nous considérons que cet instrument international constitue une avance dans la protection des droits collectifs pour le peuple mapuche et qu’il ouvrirait une voie vers l’acceptation des légitimes revendications que comme peuple nous avons proposé depuis des décennies.  
Nous croyons qu’il n’y a aucune raison quelle soit politique ou juridique qui justifie de ne pas avancer vers sa ratification, plus encore nous sommes certains que l’approbation de cet instrument contribuera à un approfondissement de la démocratie dans le pays. Il manque seulement la volonté et la décision des acteurs responsables et que l’exécutif  réalise les pas correspondants à sa connaissance et à son vote favorable par les 22 sénateurs.  
Pour ces raisons une délégation de dirigeants de diverses organisations représentatives du peuple mapuche, de Arauco jusqu’à Chiloe se dirigera vers le congrès à Valparaíso à partir du lundi 10 décembre, pour soutenir diverses réunions avec les sénateurs des différentes tendances afin d’assurer le vote favorable de la ratificacion de l’article 169 de l’OIT.

Parlamento  Mapuche Koz Koz Mapu, Panguipilli
Identidad Territorial Lafquenche
Consejo Mapuche Mallollafquen, Villarrica
Coordinación de Comunidades Mapuche Lof Mapu, Likanray
Hogar de Estudiantes Universitarios Mapuche Pelontuwe, Temuko
Alianza Territorial Wenteche-Pewenche
Identidad Territorial Nagche
Corporación Mapuche Xeg Xeg
Partido Wallmapuwen

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10 décembre 2007
Les mapuches vivants en argentine montent un campement face à l’ambassade du chili

Lundi 10 décembre 2007, jour international des droits de l’homme les mapuches de Nawel Huapi ont installé une tente permanente face au consulat chilien de Bariloche pour dénoncer et appuyer les mobilisations du peuple mapuche du chili. Ils ont notamment dénoncé la situation critique des prisonniers politiques en grève de la faim, et regretté « l’absence de réponse du gouvernement socialiste chilien, qui militarise les zones en conflit, criminalise la lutte de nos frères », et ont rendu le même gouvernement chilien responsable d’une grève de la faim qui amènent les prisonniers politiques au bord de la mort.

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