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15 mars 2008
Lourdes condamnations pour l’assassinat de chiliens et mapuches sous la dictature.
Source: journal la nation dimanche

Un général, un colonel en retraite et 21 sous officiers de carabiniers, tous en retraite, ont été condamnés par la juge Emma Díaz Yébenes à de lourdes peines de prison pour séquestrations, homicides et tortures.

C’est la condamnation la plus importante dans l’histoire des jugements rendus concernant la répression sous la dictature de Pinochet. La sentence de 200 pages qu’a dicté la juge devant la tour de Valdivia est un des coups les plus durs infligés à des carabiniers pour les crimes réalisés suite au coup d’état militaire de 1973. Les 24 condamnés sont, tous, actuellement en retraite.

Le colonel fabien Fernandez a été condamné à perpétuité et le général Nelson Rodríguez, tout comme l’adjudant Antonio Barros ont pour leur part été condamnés à 15 ans de prison ferme.

Cinq sous-officiers ont été condamnés à 20 ans de prison, les autres sous-officiers ont quant à eux, été condamnés à 15 ans de prison. Treize sous-officiers devront effectuer une condamnation de quatre ans de prison et un autre cinq ans. C’est la cinquième fois, et pour un cas similaire, qu’est décrétée une peine de prison à perpétuité, les autres cas concernent l’opération Albanie, l’assassinat du leader syndical Tucapel Jimenez l’assassinat du peintre en bâtiment Juan Alegría Mundana, qui a servit à dissimuler l’assassinat de Jimenez et la mort de trois communistes égorgés en mars 1985.

La sentence de la magistrate a rejeté toute possibilité d’amnistie ou de prescription des auteurs, complices ou personnes qui ont aidé à dissimuler les faits, de plus, la sentence a condamné à des peines de prison les auteurs de tortures de neuf survivants.

Des 31 victimes toutes vivant au moment des faits, dans la zone d’Osorno, La Unión, Entre Lagos, Puerto Octay et Bahía Mansa entre, septembre et octobre 1973, et en plus des neuf victimes de torture, on dénombre 15 détenus disparus, six exécutés politiques dont les corps ont été récupérés par les familles, et le cas emblématique de la mairesse d’Entre Lagos, Blanca Valderas Garrido, l’unique survivante des massacres, cas pour lequel la juge a dicté une sentence de tentative d’homicide. Parmi les victimes ont dénombre de nombreux mapuches.

Selon le témoignage de Blanca, une nuit de septembre 1973, le groupe de prisonniers parmi lequel se trouvait la mairesse a été extrait du commissariat de Rahue Bajo, à Osorno, qui servait de centre de tortures et détentions illégales. Les prisonniers ont été emmenés jusqu’au pont de la rivière Pilmaiquén et ils ont été exécutés d’une balle dans la tête puis jetés dans les eaux tumultueuse de la rivière. Le fusil SIG de l’officiel de police qui a tiré sur la mairesse s’est enrayé, il l’a donc battue puis jeté à la rivière.

Blanca Valderas s’est mise à nager et est arrivée jusqu’à une maison où elle s’est réfugiée. Elle est restée cinq ans en clandestinité, sans voir ses enfants et en utilisant une autre identité, son mari, quant à lui, est toujours porté disparu. Le témoignage de la mairesse a été le premier déposé par une survivante au vicariat de la solidarité.

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