Mapuche-hommes de la terre
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2 octobre 2007
Juana Calfunao et sa soeur en danger de mort suite à 50 jours de grève de la faim.
Source: Rebelión
Lucía Sepúlveda Ruiz.

Juana Calfunao

Suite à 50 jours de grève de la faim, Juana Calfunao et sa soeur Luisa, détenues dans la prison de femmes de Temuco sont très affaiblies et dans le cas de Luisa en danger de mort. La doctoresse Ociele Nunez a examiné les grévistes à la demande des enfants des prisonnières mapuches, son évaluation est la suivante:
“Juana, 51 ans, présente une importante perte de poids, une toux persistante, sa peau est froide et pale. Elle est épuisée et présente des signes d’irritabilité émotionnelle ». Plus grave est la situation de sa sœur Luisa, 41 ans, qui n’a pas pu se rendre seule aux examens médicaux. La doctoresse Nunez a déclaré « Luisa est en très grand danger, extrêmement maigre, avec une diminution importante de sa masse musculaire, particulièrement les deltoïdes et les quadriceps qui laissent apparaître les os, elle a perdu approximativement 10 kilos ce qui représente une perte de 13% de son poids global, elles présente des risques sévères de dénutrition, sa peau est pâle, ses pieds sont secs et froids, elle est neurologiquement consciente et s’oriente mais elle est épuisée et présente une grande surcharge émotionnelle, j’ai peur pour sa vie ».
 « Si cette situation se prolonge le risque vital est imminent en raison de possibles altérations cardiorespiratoires, rénales, immunologiques et gastro-intestinal, de plus la diminution de la température corporelle, conséquences de la grève de la faim contribue de manière fréquente à la mort ».

Parmi les demandes des prisonnières politiques figurent la reconnaissance de la qualité de prisonniers politiques pour tous les mapuches incarcérés pour la défense de leur territoire, et que leur soit reconnu des garanties physiques et psychologiques.

Ces revendications ont été intensément discutées avec les autorités de la Région il y a plus d’un  mois, à cette occasion les autorités se sont engagées à avancer sur ces points, ce qui ne s’est pas matérialisé.
Les demandes des femmes mapuches englobent la reconnaissance comme autorités ancestrales des détenus qui sont reconnus ainsi par leur communauté, l’arrêt immédiat des maltraitances, harcèlements et persécutions de la gendarmerie du Chili. Enfin la grève de la faim cherche à mettre un point final à la désarticulation, déracinement et isolement qui frappent aujourd’hui la famille Calfunao et sa communauté Juan Paillalef qui sont interdits de visites à la prison.

La commission éthique contre la torture prend position sur ce cas
En plus de l’information citée plus haut, au début du mois de septembre Vicente Maniqueo, Enrique Pérez, Ricardo Frodden, Enrique Núñez et Nelson Aramburu, dirigeants nationaux et régionaux de la Commission Ethique contre la Torture, ont visité les prisonnières mapuches et dénoncé les conditions d’insécurité et de pressions que vivent dans les différentes prisons chiliennes les prisonniers mapuches, comme ce fut le cas pour Ernesto Lincopan attaqué à l’arme blanche par un détenu. Ils ont constaté également que ce sont six membres de la famille Calfunao qui sont incarcérés, restant en liberté les filles et la mère de Juana, ce qui selon eux, « constitue une preuve de la persécution contre la communauté, les combattants mapuches et cette famille, concluant que c’est tout l’appareil d’état qui les maintient en prison, les sépare de leur milieu et nie leurs droits fondamentaux de tout citoyen inculpé »

Juana Calfunao et sa soeur sont incarcérées et attente d’un nouveau jugement oral dont la date n’est toujours pas fixée. Durant le dernier jugement le tribunal n’ont été retenues pratiquement aucunes des charges présentées contre elles et elles devraient être en liberté si les mesures de prison préventive ne faisaient obstruction à la mise en liberté conditionnelle. Le juge réclame cinq ans de prison pour Juana et trois ans pour sa sœur, elles sont prisonnières depuis le 15 Novembre 2006

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