Mapuche-hommes de la terre
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août 21 2007
Lettre ouverte de Jaime Huenchullan Cayul depuis la prison de la Victoria
Depuis la prison de la Victoria je dénonce l’injuste détention dont je suis l’objet.

Mon nom est Jaime Huenchullan Cayul, j’ai 28 ans, prisonnier politique mapuche et appartenant à la communauté en résistance de Temucuicui, j’ai été détenu par un fort contingent policier le samedi 18 août 2007, et ensuite présenté au tribunal de garantie de Collipulli, où j’ai été inculpé pour de « supposés délits » comme menaces, dommages à la propriété, attentat contre l’autorité, désordres sur la voie publique, et incendie contre le terrain de l’usurpateur RENE URBAN

Je rejette catégoriquement toutes ces accusations qui répondent seulement à des pratiques de persécution politico juridique et à un harcèlement de la part de l’état chilien contre toutes les communautés et dirigeants qui luttent pour revendiquer les droits légitimes du peuple nation mapuche, faisant valoir son « état de droit » pour le plus grand bénéfice des latifundistes qui ont usurpés nos terres et contre les combattants qui luttent de façon légitime pour revendiquer nos droits comme peuple.

Je veux rappeler que j’ai été incarcéré injustement en de nombreuses occasions en vertu des mêmes accusations, lesquelles n’ont jamais été prouvées de manière incontestable, parce que les preuves n’existent pas et donc que les accusations sont fausses et inventées de toute pièce par cette justice chilienne raciste.

De plus le 16 Novembre 2004, je travaillait dans mon champ sur l’ex fundo Alaska, quand j’ai reçu deux balles de fusil et une quarantaine de plombs tirées par un groupe de particuliers qui m’ont fait perdre conscience et qui m’ont presque coûté la vie,  j’ai été secouru le jour suivant par des membres de ma famille et j’ai donc passé toute la nuit agonisant, j’ai ensuite été transféré en urgence à l’hôpital de la Victoria entre la vie et la mort. Suite à ces faits extrêmement graves j’ai déposé une plainte devant le juge de Collipulli, plainte qui a été déclarée sans fondements et archivée avec toutes les plaintes de la communauté, laissant ainsi en parfaite impunité des actes qui m’ont presque coûté la vie.

Je lance un appel à tous mes frères et mes soeurs à être attentifs face à ce nouvel assaut de l’état chilien qui essaye de criminaliser les justes revendications sociales du peuple mapuche et qui intensifie la persécution constante contre ceux qui luttent pour revendiquer nos droits légitimes.

Liberté pour tous les prisonniers politiques mapuches
Fin  de la  répression et la persécution contre le peuple mapuche
Depuis la prison de la Victoria

Jaime Huenchullan Cayul

Prisonnier politique mapuche
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