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30 août 2007
Procès d’Hector Llaitul

Source sites mapuches Internet

Hector Llaitul

Le 29 août 2007 le tribunal de conception a initié le jugement oral d’Hector Llaitul Carrillanca, mapuche huilliche et dirigeant de la CAM. Le jour de sa détention Hector était porteur d’un pistolet Taurus déclaré et inscrit à son nom. Le juge d’instruction Jorge Lorca a demandé une peine de prison de cinq ans et un jour pour port d’armes sans permis, peine qualifiée par la défense de discriminatoire et raciste, d’une manière générale ce type de délit est condamné par une peine prison avec sursis et la liberté surveillée (présentation au commissariat toutes les semaines);

Les familles et amis du porte parole de la CAM, membre de communauté et universitaire de l’université de Conception ont déclaré que ce jugement “ a pour unique objet de punir le mouvement mapuche et ses justes revendications, au travers de l’emprisonnement d’un de ses fondateurs et dirigeant historique ». Les jours qui ont précédés le procès ont été émaillés de nombreuses manifestations autour de l’université technique Federico Santa Maria de Conception.

L’épouse d’Hector Llaitul pour sa part a déclaré : “ cette arme est inscrite depuis des années, je lui ai demandé de la sortir de la maison pour les enfants qui étaient en vacances, pour qu’il la remette à un ami. Ce jour là Hector allait visiter nos enfants Lautaro et Neyen qui étaient chez ma mère à Conception. Les téléphones étaient sur écoute….. Nous étions suivis et les nounous qui les surveillaient ont été menacées et forcées à coopérer.

Une d’entre elles a été détenue durant 7 heures au commissariat de Cañete. Ils lui ont demandé si les enfants savaient où était leur père, ce qui m’a fait craindre qu’un jour ils les détiennent. Lautaro aura 13 ans le 30 août et Ernesto a 11 ans, nous avons aussi un enfant de neuf ans et un petit de trois ans. De plus, quand Victoria qui est ma fille, était au collège, elle a été interceptée à la sortie de l’établissement par des inconnus qui lui ont dit de monter dans une voiture. Elle a refusé et comme ses camarades se sont rendus compte de ce qui se passait ils se sont rapprochés d’elle… et elle s’est en sortie »

Six mois de prison préventive

Hector Llaitul, transféré à Angol au milieu d’un important déploiement policier, est incarcéré depuis maintenant six mois, pour sa supposée participation dans les attentats incendiaires de machines de l’entreprise forestière Mininco

Suite à sa détention Hector Llaitul a été maintenu illégalement dans l’infirmerie de la prison de Temuco. Sa demande de transfert à Angol pour pouvoir recevoir des visites n’a été obtenue que suite à une longue grève de la faim. Il est aujourd’hui emprisonné avec quatre autres prisonniers politiques mapuches : Patricia Troncoso, Jaime Marileo, Pedro Queipul et José Huenchunao, le cas de ces détenus est actuellement l’objet d’un enquête de la Commission Interaméricaine des droits de l’homme.

Communiqué

Les groupes kulapange ñi trokiñ et weichan communiquent à l’opinion publique:

Le 29 août a commencé, à Conception, le jugement public contre Hector Llaitul, il s’agit d’un jugement pervers et d’un montage qui a pour unique objectif l’intimidation du mouvement mapuche et de ses militants.

Nous pensons que ceci ne peut continuer ainsi sur notre territoire mapuche. Nous réaffirmons notre appui à l’action réalisée face à l’université de la Frontera lundi 27 août et dirigée par la CAM, cette manifestation a consisté en un blocage de l’avenue Francisco Salazar pour réaffirmer l’appui et la demande de mise en liberté immédiate d’ Hector Llaitul et de tous les prisonniers politiques Mapuches.  Nous dénonçons par ce même communiqué qu’au mois de Décembre 2006, Roberto Painemil Parra, membre de la communauté mapuche de Chol Chol a été détenu par des civils para militaires armés. Il a été frappé et torturé par ces mêmes civils et par des carabiniers, il n’y a aucune explication à cette détention, ses droits ne lui ont pas été lus, les tribunaux n’ont pas été informés, il n’a pas eu d’avocat pour sa défense et il a été obligé à signer une déclaration sous la torture, aucun constat n’a été fait concernant sa santé en tant que détenu (tous ces actes sont obligatoires au regard de la justice chilienne NDT)


AMULEPE TAIÑ WEICHAN
CONTROLE TERRITORIAL ET LIBERATION NATIONALE MAPUCHE
DEPUIS TEMUCO, WAJMAPU,
KULAPANGE ÑI XOKIÑ
GRUPO WEICHAN


«Reproduction autorisée à condition de citer la source.»